Data centers or the individual themselves? The next digital revolution could give data back to the citizen.
Estonia has built one of the most digital states in the world. 3,000 databases, where 130,000 officials monitor 1 million citizens, and it never seems to stop. Our data flows between the registers, the
L'Estonie a construit l'un des États les plus numériques au monde. 3000 bases de données, où 130 000 fonctionnaires surveillent 1 million de citoyens, et cela ne semble jamais devoir s'arrêter.
Nos données circulent entre les registres, les administrations, les banques, les entreprises et divers systèmes d'information. Cela a rendu la vie plus pratique, mais cela a aussi soulevé une question à laquelle nous n'avons pas encore accordé suffisamment d'attention :
À qui appartiennent les données d'une personne, et qui devrait réellement en avoir le contrôle ?
Dans le monde numérique actuel, il est courant de penser aux données comme à quelque chose que collectent de grands centres de données. Au fil des années, une personne génère une empreinte numérique considérable : nom, adresses, éducation, expérience professionnelle, activité entrepreneuriale, patrimoine, transactions, documents, contrats, communications et des dizaines d'autres fragments de données.
Ces données se trouvent dispersées dans différents systèmes.
Mais un autre modèle pourrait exister.
Chaque personne pourrait avoir son propre centre de données personnel
L'idée est simple :
chaque personne pourrait posséder et contrôler son propre espace de données numérique.
Cela ne signifie pas nécessairement un serveur physique au domicile de la personne.
Il pourrait s'agir d'un environnement numérique sécurisé — une banque de données personnelle ou un coffre-fort numérique — auquel la personne accède elle-même et dont elle contrôle les droits d'utilisation.
Y seraient réunis les documents et données propres à la personne :
pièces d'identité ;
données d'éducation ;
informations professionnelles ;
contrats ;
documents liés à l'entrepreneuriat ;
données immobilières ;
données d'assurance ;
documents bancaires ;
données de santé ;
correspondance officielle ;
permis et certificats ;
autres preuves numériques nécessaires à la personne.
L'important n'est pas seulement l'endroit où se trouvent les données, mais qui décide qui peut les utiliser.
L'État ne devrait pas être propriétaire des données de la personne
L'État a naturellement besoin de données pour accomplir ses missions.
Mais le besoin de traiter des données et la question de la propriété ou du contrôle des données ne sont pas une seule et même chose.
Si l'État a besoin d'une information précise pour prendre une décision, il pourrait demander l'accès à cette information.
La personne accorde cet accès.
Pour certaines missions publiques découlant de la loi, le consentement de la personne ne serait naturellement pas nécessaire, mais même dans ce cas, la personne pourrait voir quelles données ont été utilisées, par qui, et dans quel but.
Cela créerait un tout nouveau niveau de transparence.
Actuellement, les données sont fragmentées
Le problème actuel n'est pas seulement la sécurité des données.
Le problème, c'est aussi la fragmentation.
Une personne peut avoir des dizaines de comptes et de systèmes contenant des informations à son sujet. Ici se trouve un document, là un autre. Dans un système, il y a une ancienne adresse, dans un autre la nouvelle. Dans un troisième figurent les données de l'employeur.
La personne elle-même ne sait peut-être même pas quelles informations existent quelque part à son sujet.
Encore moins peut-elle facilement contrôler qui y a accès.
Un espace de données personnel inverserait cette logique.
Les données seraient visibles pour la personne en un seul endroit, et différentes administrations et entreprises se verraient accorder, si nécessaire, un accès uniquement à la partie strictement nécessaire.
« Montre-moi seulement ce dont tu as besoin »
Cela pourrait devenir l'un des principes les plus importants de la nouvelle société des données.
Si une personne souhaite prouver qu'elle est majeure, l'autre partie n'a pas besoin de connaître sa date de naissance, son numéro d'identification, son adresse ou d'autres données.
Il suffit de savoir :
« Oui, cette personne est majeure. »
Si une entreprise souhaite vérifier le niveau d'éducation d'une personne, il n'est pas nécessaire de lui envoyer tout son parcours scolaire.
Si une administration a besoin d'une preuve de revenu, la personne n'a pas à envoyer l'ensemble de ses transactions bancaires.
Si une banque a besoin d'un document précis, on lui donne accès à ce document — pas à toute la vie numérique de la personne.
C'est le principe du minimum nécessaire.
Les données pourraient circuler, pas les personnes
Actuellement, la personne doit souvent transporter elle-même ses documents d'un endroit à un autre.
Elle télécharge un fichier.
Elle l'envoie par courriel.
Elle l'imprime.
Elle le signe.
Elle le scanne à nouveau.
Elle prouve que le document est authentique.
Un meilleur système serait celui où les données circulent en toute sécurité directement d'un système à un autre, avec l'autorisation de la personne.
Par exemple :
« Vous autorisez l'entreprise X à vérifier votre document attestant de votre niveau d'éducation. »
Vous appuyez sur un bouton.
L'accès est accordé.
Une fois l'objectif atteint, l'accès prend fin.
La personne n'a pas à être le coursier de ses propres documents.
Cela changerait aussi le fonctionnement de l'État
Un lien très intéressant apparaît ici avec la réduction de la bureaucratie.
Si les données de chaque personne se trouvaient dans son espace numérique contrôlé, et que les administrations publiques pouvaient, en cas de besoin, obtenir en toute sécurité l'information nécessaire, le travail du fonctionnaire pourrait lui aussi changer.
Le fonctionnaire n'aurait plus à demander à la personne :
« Veuillez nous envoyer un document que l'État possède déjà en réalité. »
Il pourrait demander :
« Nous autorisez-vous à utiliser ce document depuis votre espace de données ? »
C'est une différence majeure.
Dans le premier cas, la personne travaille au service du système de données de l'État.
Dans le second cas, le système de données de l'État travaille au service de la personne.
Le centre de données n'a pas besoin de disparaître
Cette idée ne signifie pas que les grands centres de données deviendraient inutiles.
Bien au contraire.
Les données pourraient continuer à se trouver dans des centres de données professionnels hautement sécurisés.
La question porte sur l'architecture et le contrôle.
Un centre de données peut être un dépôt technique, mais c'est la personne qui devrait rester le contrôleur de ses propres données.
C'est une distinction importante.
De même que l'argent peut se trouver dans une banque tout en appartenant à la personne, les données numériques pourraient elles aussi se trouver dans un cloud ou un centre de données sécurisé, sans que la personne perde le contrôle de leur utilisation.
Le citoyen pourrait disposer d'un « coffre-fort numérique »
Imaginons que chaque citoyen européen dispose de son propre coffre-fort numérique.
Un seul endroit sécurisé où se rassemblent, tout au long de sa vie, les documents et preuves importants.
Un enfant naît — son identité numérique voit le jour.
Il va à l'école — les données d'éducation s'ajoutent.
Il obtient un certificat ou un diplôme — celui-ci rejoint son coffre-fort.
Il entre dans la vie active — les documents professionnels s'ajoutent.
Il crée une entreprise — les données liées à son activité entrepreneuriale sont rattachées à son identité numérique.
Il achète un bien immobilier — les documents nécessaires se trouvent dans son coffre-fort numérique.
Il conclut un contrat — le contrat reste dans son archive contrôlée.
Au fil des décennies, une personne se constitue une biographie numérique.
Non pas une biographie numérique dispersée dans les dossiers de l'État, mais un coffre-fort numérique que la personne contrôle elle-même.
Cela pourrait être la prochaine étape de l'État numérique européen
La première révolution numérique de l'Estonie a rendu l'État électronique.
La suivante pourrait rendre l'État numérique centré sur l'humain.
Nous ne devrions plus seulement demander :
« Comment rendre les systèmes d'information de l'État plus efficaces ? »
Nous devrions demander :
« Comment donner à la personne le contrôle de sa vie numérique ? »
C'est une question bien plus vaste.
Car les données ne sont pas simplement une ressource technique.
Elles décrivent une personne.
Sa vie.
Son patrimoine.
Son travail.
Ses relations.
Son éducation.
Ses décisions.
Son histoire.
C'est pourquoi, au cœur de l'identité numérique d'une personne, devrait se trouver ce principe :
Mes données. Mon coffre-fort numérique. Ma décision quant à qui les utilise.
La nouvelle ère des données
Nous avons pris l'habitude de penser que ce qui est grand est meilleur.
De grands centres de données.
De grandes bases de données.
De grandes plateformes.
De grands systèmes d'information.
Mais la prochaine évolution de la société numérique pourrait prendre une autre direction.
Non pas toutes les données réunies dans un seul grand centre, mais des données contrôlées par la personne, capables de circuler en toute sécurité, si nécessaire, entre différents systèmes.
L'État n'a pas besoin de tout savoir.
L'entreprise n'a pas besoin de tout savoir.
La banque n'a pas besoin de tout savoir.
Le fonctionnaire n'a pas besoin de tout savoir.
Chacun devrait pouvoir connaître uniquement ce dont il a réellement besoin pour accomplir sa mission.
Et la personne devrait pouvoir voir qui utilise ses données.
Cela pourrait être le prochain grand objectif de politique numérique de l'Europe.
Non pas simplement rendre l'État numérique.
Mais faire en sorte que l'État numérique reste au service de la personne, qui demeure maîtresse de ses propres données.
Car la véritable liberté numérique ne se limite pas à la possibilité d'utiliser des services en ligne.
La véritable liberté numérique, c'est la possibilité de contrôler sa propre vie numérique.